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LISTE DES

INTERVENANTS

 

 Prochennement,


Vous trouverez

les interventions

intégrales

de chacun des intervenants,

publiées en

Page 3

Structure du répertoire de musique classique algérienne

et méthode d'exécution de la nouba

Le répertoire de musique classique Algérienne, repose sur les sept modes fondamentaux que sont:

 

1)Djarka     2)Raml el Maya    3)Zidane     4)A√Ęraq     5)Sika     6)Mezmoum      7)Mouel

Il se compose en deux parties:

*la première comprend les noubate qui constituent une suite de mouvements bien ordonnancés, allant de l'ouverture au final.

*la deuxième comprend les enklabate qui sont des pièces chantées, exécutées soit isolément, soit en une suite.

LES NOUBATE:   La nouba est interpr√©t√©e de la mani√®re suivante:

*Une Mechalia ‚Äď ou Touchiate etteq'√ģd, qui annonce le mode de la nouba. Il s'agit d'une introduction instrumentale o√Ļ le chef d'orchestre ou le Cheikh, gr√Ęce √† un jeu de gammes ex√©cut√©es dans un ordre harmonieux, permet aux musiciens de s'assurer du bon accord de leurs instruments.

     A d√©faut de la M√©chalia, un pr√©ludes ou istikhbar exposant le mode et fait, en g√©n√©ral, de r√©pliques instrumentales donn√©es en solo et parfois se chevauchant les unes les autres en un d√©sordre harmonieusement concert√©.

      Selon Jules Rouanet dans son √©tude sur la musique arabe du Maghreb et se r√©f√©rant √† des souvenirs de vieux musiciens d'Alger, les noubate Dil et Ghrib √©taient pr√©c√©d√©es d'une Daira, sorte de court pr√©lude vocal ex√©cut√© sans accompagnement d'instruments de percussion et consistant en une vocalisation des mots "ya lalan".

*Une Touchiat: c'est une ouverture instrumentale jouée à l'unisson qui, au même titre que la Mechalia, indique la nouba qui doit suivre.

*Enfin, un ample dialogue entre la musique et le chant, développé en cinq mouvements successifs allant du largo au final.

Ces mouvements sont (avec les mesures et rythmes en usage au sein de l'Ecole d'Alger notamment):

                                  1) le M'ceddar:  4/4, lent

                                  2) le B'taihi:       4/4, moins lent que le M'ceddar.        

                                  3) le Dardj:        4/4,plus l√©ger que le B'taihi.

                                  4) le Nesraf:      5/8ou6/8, l√©g√®rement boiteux.

                                  5) le Khlass:      6/8, final vif

 

Chacun de ces mouvements, hormis le Khlass, est précédé d'une introduction instrumentale appelée Koursi qui lui est propre, mais qui malheureusement, ne se trouve pas dans toutes les noubate.

Pour clore une nouba, il arrive que se chante, sur un mode de cette dernière, une Qadria constituée par deux distiques dont la mélodie et le texte rompent avec le cérémonial de la nouba.

Les Qadriates sont au nombre de huit:

                   1) Djarka                3) Zidane                5) Sika                7) Mouel

                   2) Raml el maya     4) A√Ęraq                 6) M'quentra       8) M'djenba.

Remarque particulière:

Du fait de l'existence dans la nouba Ghrib d'une Touchia jouée sur le rythme de l'Insiraf, on a été amené à penser que, dans le passé, chaque nouba devait, probablement, comporter une Touchia lente en ouverture et une Touchiat el Insirafat précédant ceux-ci. A Tlemcen, les Noubate H'sine et Ghrib se terminent par une pièce instrumentale apelée Touchiat El Kamel.

APERCU HISTORIQUE SUR LE MOUVEMENT ASSOCIATIF MUSICAL

 

 

          Durant la p√©riode coloniale, la musique traditionnelle, faute d'avoir acc√®s aux structures publiques, g√©n√©ralement r√©serv√©es √† la culture de l'occupant et en l'absence d'un cadre organis√© pratiquait dans des cercles restreints o√Ļ se r√©unissaient les m√©lomanes autour des ma√ģtres de l'√©poque, en particulier durant les longues soir√©es d'hiver et ce, au sortir de la saison des f√™tes familiales.

 

          C'est au cours de ces soir√©es et les veill√©es du mois de Ramadhan que certains disciples, particuli√®rement dou√©s, r√©ussissaient √† saisir les Noubates qu'interpr√©taient les Ma√ģtres en pr√©sence d'un auditoire attentif et exigeant. Il est √©vident qu'apr√®s la disparition de ces ma√ģtres, c'est √† leurs disciples que nous devons la survie d'une bonne partie du patrimoine encore en usage.

 

          Cette transmission s√©culaire du message andalou va prendre, √† la suite de la disparition, en 1908, de l'illustre SFINDJA, une nouvelle forme avec l'av√®nement de la premi√®re association qui sera cr√©√©e √† Alger, gr√Ęce √† l'initiative du musicien de confession juive, auteur bien connu du R√©pertoire de chants qui porte son nom qu'est Edmond Nathan YAFIL. En effet, saisissant l'opportunit√© de la promulgation de la loi de 1er juillet 1901 sue les association, YAFIL fonde, en 1911, la Soci√©t√© El Moutribia qui conna√ģtre, par la suite, sous l'impulsion de Mahiedine BACHTARZI, √©lu au poste de Pr√©sident lors de l'assembl√©e g√©n√©rale du 31 janvier 1924, une grande renomm√©e √† travers le pays et en Europe (France, Belgique, Italie).

 

          C'est sans doute le succ√®s d'El Moutribia qui incitera d'autres amateurs, tr√®s attach√©s √† la p√©rennit√© de l'art andalou et soucieux de la sauvegarde, √† cr√©er des association de m√™me nature pour l'enseignement de la musique et sa diffusion aupr√®s d'un public plus large. Le contexte politique d'alors n'est, probablement, pas √©tranger √† ce d√©sir des promoteurs d'affirmer, face au ph√©nom√®ne d'exclusion que l'alg√©rien subissait dans diff√©rents domaines, l'existence d'une personnalit√© longtemps contest√©e.

 

          Cette d√©termination trouve, √©galement, sa justification dans le fait que la disparition des ma√ģtres entra√ģne, √† chaque fois, la perte irr√©m√©diable de certaines Ňďuvres dont ils √©taient pratiquement les seuls d√©tenteurs.

 

          Conscients de la situation dramatique que vivait notre musique classique, des amoureux de cet art, arabes et juifs confondus, ont fond√©, en 1927,  l'association EL MOSSILIA, confiant l'enseignement √† MOUZINO, que l'on consid√©rait, alors, comme le fid√®le h√©ritier de SFINDJA. Malheureusement, MOUZINO dispara√ģt √† son tour, en f√©vrier 1928, avant que l'association re√ßoive son agr√©ment. La mort de Mouzino sera suivie, au cours de la m√™me ann√©e, par celle de YAFIL et du Muphti d'Alger, Mohamed BOUKANDOURA, √©minent amateur de la musique connu pour ses larges connaissances du r√©pertoire andalou, profane et religieux, et Chef des Qassadines qui, chaque ann√©e, √† l'occasion du Mawlid Ennabaoui, se produisent dans les Mosqu√©es et les Mausol√©es d'Alger.

 

           En 1929, une nouvelle association, d√©nomm√©e EL ANDALOUSSIA, sera fond√©e, √† l'instar d'EL MOUTRIBIA par une communaut√©, en majorit√© juive. Elle dispara√ģtre au lendemain de la 2eme Guerre mondiale apr√®s une courte relance de ses activit√©s, mises en sommeil par le r√©gime de Vichy.

 

          Ce seront les pr√©paratifs du Centenaire de la colonisation qui vont inciter un groupe d'alg√©riens √† fonder, le 27 Janvier 1930, la Soci√©t√© EL DJAZAIRIA, connu actuellement sous le nom d'El Djazairia ‚Äď El Mossilia, et d'en confier, par quelle merveilleuse intuition, la Pr√©sidence et la Direction artistique √† Mohamed BENTEFFAHI, aid√© par Mahieddine LEKHAL et Ahmed SEBTI.

 

Dou√© d'une m√©moire prodigieuse, il saisissait les moindres nuances des morceaux qu'il √©coutait de SFINDJA. Cette facult√© d'assimilation et de m√©morisation qu'avait BENTEFAHI va servir, d'une mani√®re inesp√©r√©e, √† la sauvegarde et √† la transmission de son r√©pertoire aux jeunes g√©n√©rations, gr√Ęce √†  l'enseignement dans le cadre associatif qui va se d√©velopper √† Alger et en dehors d'Alger.

 

Si BENTEFFAHI a √©t√© un r√©v√©lateur sans √©gal, l'action de ses plus prestigieux disciples que sont Mohamed et Abderezzak FAKHARDJI sera d√©terminante sur le plan de l'enseignement dans des associations et au Conservatoire Central d'Alger, ainsi que dans le domaine de la vulgarisation de la musique avec l'Orchestre Classique de la Station de Radio-Alger, dirig√© de main de Ma√ģtre durant plus de 15 ans.

 

La méthode et la rigueur appliquées au sein de cet ensemble seront source d'un essor et d'une harmonisation rarement réalisées auparavant, à telle enseigne qu'il aura une audience jamais atteinte dans le passé et, au sein duquel, nos meilleurs chanteur seront tenus, par le jeu strict dans la rotation des noubates imposées par les FAKHARDJI, de rechercher et d'apprendre des morceaux qu'ils ne connaissaient pas, ou de parfaire ceux qu'ils possédaient déjà. Ce qui sera d'un apport bénéfique pour ceux qui seront appelés à former dans les conservatoires et les associations.

 

Quant √† Mahiedine LEZKHAL, qui profitera de cette manne inesp√©r√©e, il sera appel√© √† enseigner √† EL MOSSILIA, reconstitu√©e en 1932 gr√Ęce √† des transfuges venus d'EL DJAZAIRIA, ainsi que dans d'autres associations qui verront le jour √† Alger et √† Blida, et o√Ļ se r√©v√©lerontSadek EL BIDJAOUI, HADJ EL MAHFOUD, Larbi BENACHOUR, Mohamed KHODJA DZIRI, Mohamed BENGUERGOURA, Mustapha BELKHODJA de Tlemcen, alors √©tudiant √† Alger.

 

Il est incontestable que la cr√©ation d'EL DJAZAIRIA aura un tel impact qu'elle va susciter l'apparition de nouvelles associations √† Alger et ailleurs qui conna√ģtront des fortunes diverses dans leur existence.

 

C'est ainsi, que verront le jour:

 

              - EL MOSSILIA, en d√©j√† cit√©e, 1932,

              - GHARNATA, en 1933,

              - EL MIZHAR EL DJAZAIRI, en 1937,

              - EL MOUNCHIDIA, qui deviendra EL FEN EL DJAMIL en 1950,

              - EL INCHIRAH, en 1938,

              - EL HAYAT, en 1938.

 

A la veille, au cours et au lendemain de la 2eme Guerre Mondiale, la plupart des associations cesseront d√©finitivement leurs activit√©s, √† l'exception d'El Djazairia, qui demeurera active jusqu'√† nos jours, y compris sous le nom d'El Djazairia ‚Äď El Mossilia, et servira, dans le nouveau contexte socio-politique, de mod√®le aux associations qui vont se cr√©er √† Alger et √† travers le pays.

 

La tenue, en 1966, 1968 et 1972 du festival national de musique classique, initi√© par le minist√®re de la culture, sera l'occasion pour le mouvement associatif de conna√ģtre un essor au point que malgr√© l'absence parfois d'enseignants suffisamment exp√©riment√©s, des associations vont na√ģtre, y compris dans des r√©gions habituellement peu accessibles √† la musique andalouse.

 

A Alger, outre la doyenne déjà citée, vont se créer les associations que sont:

 

EL FEN OUEL ADEB (septembre 1962), FOUNOUN Zirieb (1976/1977), EL-FAKHARDJIA (avril 1981), EL ANDALOUSSIA (janvier 1985), ESSENDOUSSIA(octobre 1986), EL DJAZAIRIA ETHAALIBIA (octobre 1986), la Soci√©t√© des Beaux Arts, sous une nouvelle formule, EL INCHIRAH, et r√©cemment EL KORTOBA, sans oublier ANADIL de Ch√©raga, El Gharnatia, El Bachtarzia, et EL FEN EL ACIL  de Kol√©a, sont nombreuses les Associations que je n'ai pas citer.

 

Il nous faut convenir que la quasi-absence de l'Etat dans la prise en charge de l'enseignement de la musique, au m√™me titre que les autres secteurs de l'enseignement, ont d√©termin√© les associations, objet de notre propos, et leurs dirigeants, anim√©s de leur seule volont√©, √† Ňďuvrer, en d√©pit de leurs moyens mat√©riels et financiers d√©risoires, pour la conservation et la diffusion d'un art mill√©naire, dont nous ne cessons, par des interventions orales et √©crites √† tous les niveaux, d'attirer l'attention sur sa pr√©carit√©.

 

A toutes les associations, o√Ļ qu'elles se trouvent, qui font un travail magnifique, particuli√®rement en direction des milliers de jeunes qu'elles forment et ne cessent de former, nous tenons √† leur rendre un hommage appuy√© et √† leur t√©moigner toute notre reconnaissance.

                                                                         Sid Ahmed SERRI, le 05/04/2006      

TEMOIGNAGES

Voiçi quelques temoignages sur la carrière du Cheikh Brahim BENLADJREB à Koléa, par Monsieur HANANI Slimane, lui qui suivait

de près l'évolution de

l'Association El Gharnatia depuis sa création

Passage de Mr Brahim BENLADJREB au sein de l'Association EL GHARNATIA

J'ai commençais à enseigner la Musique dans cette école exactement, le 24 Juillet 1973.

Mon seul but √©tait, que El Gharnatia √† laquelle je me suis engag√© moralement, r√©ussisse, et sorte de l‚Äôanonymat,  j'ai m√™me √©t√© d√©sign√© Directeur Technique et 2eme Vice-Pr√©sident.

Je pense bien que j‚Äôai r√©ussi √† le faire et sans regret, 

puisque la plupart des Formateurs actuels des Associations de Kol√©a √©taient mes √©l√®ves. 

 

c'est là ma satisfaction.

 

Et l’histoire révèlera.

 

Voi√ßi quelques extraits de reconnaissance de Mr Boualem KHERROUS Pr√©sident DAR EL GHARNATIA lors de mon passage √©clair qui a dur√©  presque un quart de si√®cle, au sein de cette m√™me Association.

Photo lors d'une représentation de l'Association EL GHARNATIA sous la Direction de Cheikh Brahim BENLADJREB.

Nous remarquons dans cette photo la présence de ses anciens élèves,

qui, actuellement  dirigent les trois √©coles de KOLEA